Littératures en traduction | Collection unilingue

Michèle Minelli | Sans repos

Klaus Merz, L'Argentin

Hugo Loetscher | Le Monde des Miracles - Une rencontre brésilienne

Noëmi Lerch | La payîsanna

Pierre Lepori | Sexualité

Klaus Merz, L'Argentin

Pierre Lepori | Comme un chien

Pedro Lenz | La belle Fanny

Pedro Lenz | Faut quitter Schummertal !

Guy Krneta | Entre nous. L'album de famille

Markus Kirchhofer – Le sauveur

Thomas Hürlimann | La Cité satellite

Arthur Honegger | La redresse

Arthur Honegger | La débattue

Franz Hohler | Le déluge de pierres

Reto Hänny – L'Ombre de Bloom

Daniele Finzi Pasca | Blanc sur blanc

Femmes écrivains suisses de langue allemande | Je me demande quand même

Dorothée Elmiger | Somnambules

K. Sello Duiker | La sourde violence des rêves

Collectif | an deiner statt / à ta place

Beat Christen & Muma, Qu'homme / Wie ein Wie

Ernst Burren | Feux d'artifice

Bucher | La vie d’un autre

Irena Brežná | L'ingrate venue d'ailleurs

Irena Brežná | Du meilleur des mondes

Peter Bichsel | La couleur isabelle

Peter Bichsel | Le Buson

Hannes Binder | Glauser

Francesco Micieli, Je sais juste que mon père a de grosses mains – Le rire du mouton – Mon voyage en Italie

Oscar Peer | Hannes

Dorothée Elmiger | La société des abeilles

Dorothée Elmiger
La societé des abeilles
Traduit de l'allemand par Lila Van Huyen

11.2016 | 14 x 21 | broché | 118 p.

ISBN 978-2-8290-0539-8
CHF 24.- | € 14.-

 

 

 

Cinq personnages principaux, une table de cuisine, une conversation. « A.L. Erika », « le logisticien », « la traductrice », « l’écrivaine » et « l’étudiant» discutent d’origine et de justice, du corps et de l’État, d’import et d’export, de racines et de migration, du bonheur, de la musique, du sommeil et de la mort. La profondeur et la complexité des thématiques trouvent écho dans une narration discontinue : à partir d’un cadre situationnel très réduit, des épisodes de vie et récits de voyage poussent en tous sens. Si l’on cherche en vain la linéarité, l’apparition d’une multitude de lieux et d’individus, de voix, de fantômes, d’histoires, de références, citations, réelles ou fictives, n’est pas entièrement aléatoire dans ce flot polyphonique. Sont-ils les coordonnées d’un système organique tout aussi universel que les sujets mis sur table ? Le rythme régulier de la langue, les répétitions, correspondances sémantiques et stylistiques rappellent un état intermédiaire entre sommeil, éveil, rêve ou transe. Les phrases semblent vouloir se passer de hiérarchie afin que les personnes et les mots se répondent librement. L’univers de Dorothee Elmiger est peuplé d’instants poétiques, de fragments politiques et utopiques, de scènes anodines et insolites, tantôt floues, tantôt précises et délicates. Le lecteur est presque amené à perdre le fil d’un participant de la discussion à l’autre. Peu importe. Ils et elles ont un dénominateur commun, un passeport qui leur permet de parcourir le monde en toute légalité. Mais qu’en est-il des autres, de ceux, par exemple, qui se râpent les empreintes digitales pour brouiller les pistes, espérant prolonger leur séjour en Suisse, en Europe ? Dans Schlafgänger, leur présence se passerait bien de mots. Ici, pas de jugements hâtifs, de fausses perspectives consensuelles, de discours livresques ou bien-pensants, des questions et des échanges, tout simplement, sur moi, l’autre, et ce que peut offrir la vie en communauté. Un livre lumineux dans le contexte politique actuel.

 
 

Dorothee Elmiger, née en 1985 à Wetzikon en Suisse, vit actuellement à Lucerne. Après une formation à l’Institut littéraire suisse de Bienne et à l’Institut allemand de littérature de Leipzig, elle étudie les sciences politiques à Berlin puis à Zurich. Elle est lauréate 2010 du Prix Kelag, deuxième distinction du concours Ingeborg Bachman pour son premier roman Einladung an die Waghalsigen.

Critique le 8/01/2017 par Marina Skalova pour Viceversa Littérature

Article de Sophie Deltin sur La société des abeilles de Dorothee Elmiger paru dans Le Matricule des Anges de mai 2017, no 183.

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