INTERFOTO | Mémoire éphémère

INTERFOTO
Mémoire éphémère 
Photographies. texte de Philippe Geslin

2011 | 20 x 30 | 80 p.
ISBN  978-2-8290-0418-6
CHF 45.- | € 25.-

Les photos qui composent cet album du groupe de photographes de l’agence Interfoto explorent la « mémoire éphémère » de notre histoire et société. En cinq amples mouvements, elles donnent à voir et à lire les restes d’un réel en partie disparu, d’univers en lambeaux, de friches urbaines ou de construction bétonnée sous surveillance, et les traces de l’histoire de luttes sociales et politiques ou de labeurs du quotidien.

Les textes de Philippe Geslin entrent en résonance avec ces photos pour composer le chantier d’une poétique de l’éphémère :
« Les luttes sociales ont leurs empreintes de papier. Ici, la rue est leur théâtre. Elles y sont entrées. Scènes et coulisses à la fois. Images d’un passé qui se répète. […]
» Puis il y a ce poing tendu d’un autre âge. En geste étalon. Pour dire plus encore la colère du visage. Une larme sur la joue. Tristesse peinte, tristesse feinte, comme au théâtre. Où sont les spectateurs ? Dire le désarroi dans un crescendo d’images, de tatouages et de gestes. S’extraire des murs, des affiches passées. Incarner la colère. […]
» Les grilles sont nos murs. Faibles marges de manœuvre. Exiguïté. Dire l’enfermement doré. Fenêtres fermées. Incruster nos silhouettes à tout prix. La peinture accroche mieux que la colle. Elle est plus fidèle. […]
» Ici ce sont les choses qui risquent l’évasion. Elles nous donnent des leçons. Elles savent que la vie est au-delà des grilles. Presque au-dessus des hommes. L’ombre du lampadaire en éclaireur. Plus farouche que celle de l’homme. Comme chez les Inuit, elle aurait donc une âme, serait matière aussi ? […]
» Ne pas laisser de traces. Les recouvrir. Performances d’artistes. Peintres du quotidien aux gestes amples, aux palettes désuètes. Ils ne maîtrisent que le noir, épais et en goudron. Strate odorante. Presque fossile. Elle ne laisse rien passer. »

Philippe Geslin est ethnologue. Il est professeur à la Haute Ecole et à l’Institut d’ethnologie de Neuchâtel. Ses terrains ont un dénominateur commun: l’exploration des liens qui se tissent entre les hommes et les choses dans des univers contrastés comme ceux de la création artistique et du monde polaire.


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