Pierre Chappuis | Pleines marges – L'Autre, le Même / Margini pregni /Sün ana pagina alba / Erfüllte ränder

Pierre Chappuis
Pleines marges suivi de LAutre, le Même / Margini pregni / Sün üna pagina alba / Erfüllte Ränder

2.2018 | 21 x 16.5 | broché | 160 p.
ISBN 978-2-8290-0546-6
CHF 28.- | € 20.-

 

Publication quadrilingue, traduit en allemand par Luzius Keller, Erfüllte Ränder, en vallader par Rut Plouda, Sün üna pagina alba et en italien par Marisa Keller-Ottaviano, Margini pregni. Le projet est dirigé par Luzius Keller.

 

Le recueil Pleines marges, dont Pierre Chappuis est l’auteur, est exemplaire d’une poésie qui surgit à l’instant. En cela, il répond aux notions développées par Gaston Bachelard quant à l’instantanéité et à la discontinuité, comprises dans une structure qui, paradoxalement, les exprime. Comme la vision d’un paysage qui se module à chaque pas, le parcours poétique procède de surprises soudaines. Aussi, espace géographique et espace littéraire se confondent-ils, au point que la métaphore se trouve bouleversée. Les repères – références et signifiances –, ainsi pleinement épuisés, fondent l’oeuvre de Pierre Chappuis. Le poème est au centre, mais on a l’impression que l’essentiel est dans les marges, entre parenthèses. C’est un peu comme si le poème ne se suffisait pas à lui-même, il a besoin pour pleinement exister du rappel de la circonstance qui l’a fait naître : « (de la fenêtre) », p. 55, « (avant l nuit complète) », p. 56, « (mentalement, Paul Klee) », p. 57, etc. – ce qui enlève, en conséquence, toute forme d’autonomie au texte, et rappelle qu’à l’origine du poème, il y a toujours quelque chose qui lui est extérieur, qui le précède, et dont le poème ne garde peut-être qu’une trace lointaine (« Au matin, la neige »). Or cette trace, aussi imparfaite soitelle, est maintenant acceptée comme un bien – alors qu’auparavant, l’écriture considérait cette trace comme un manque, et la rejetait dans les marges. La parole est intermédiaire, elle est toujours indirecte, procède par réverbération ou écho ; elle ne peut que suggérer (mais ce n’est plus le rêve mallarméen, c’est maintenant le cauchemar de la poésie contemporaine) des situations qui permettraient d’appréhender l’être.

Né en 1930 à Tavannes, dans le Jura bernois, Pierre Chappuis a fait une maturité à La Chaux-de-Fonds avant d’obtenir une licence ès Lettres à l’Université de Genève et d’enseigner le français et l’histoire au gymnase de Neuchâtel de 1952 à 1993. Depuis 1969, il a publié des recueils poétiques, des notes réflexives et plusieurs ouvrages en collaboration avec des peintres. Pierre Chappuis est également critique de poésie et auteur de quelques essais.


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