Pierrette Frochaux | Nos chers protégés

Pierrette Frochaux
Nos chers protégés
Trois générations d'assistés à Genève de 1894 à 1947

2015 | 14.8 x 21 | broché, cousu | p. 272
ISBN 978-2-8290-0508-4
CHF 30.- | € 19.-

 

 


« Nos chers protégés, c’est une histoire familiale d’un demi-siècle, “où 5 enfants auront connu : l’internement dans un couvent catholique, l’Asile temporaire, l’orphelinat, les placements en famille d’accueil en Suisse alémanique, le placement chez des agriculteurs, la pouponnière et le placement en institution spécialisée dans l’accueil des filles”. Et l’auteur d’ajouter : “En mémoire d’Ernest Jacob, mon père, Jean et Augustine, ses frère et sœur, leurs parents et grands parents.” » Si cette histoire est singulière, c’est aussi l’histoire de centaines d’enfants et d’adultes précarisés ou abandonnés, qui nous viennent depuis le fond du Moyen-Âge, tout à la fois objet d’attention et de moindre intérêt. Il existe bien un regard historique sur leur statut, leur sort. Cependant quand le regard existe, il rend plus volontiers compte de la pensée et des réalisations de grands philanthropes ou de grands pédagogues dans une sorte d’histoire romancée. » En ce qui concerne plus spécialement les enfants placés dans des orphelinats, les maisons d’éducations spécialisées, ou encore dans des familles d’accueil, ils sont l’objet d’une forme de désintérêt, ce qui n’exclut pas une certaine curiosité. Il y a une quasi-absence de préoccupation pour sauvegarder la mémoire des systèmes de placement et d’aide sociale qui ont été mis en œuvre à diverses époques. Combien de fois avons-nous eu le sentiment, la preuve même dans certains cas, de l’existence d’une véritable politique de la « terre brûlée » à l’égard de la mémoire de l’existence et du sort réservé à ces habitants de notre pays, tous citoyens ou futurs citoyens. » L’histoire d’Ernest Jacob, de Jean et Augustine, ses frère et sœur, leurs parents et grands parents, rapportée par Pierrette Frochaux est un témoignage capital. À la fois mince échantillon dans l’immense cortège de souffrances vécues par des populations précarisées de notre pays, mais également témoignages individuels qui retracent des événements de la vie quotidienne. Cette dernière ne peut être possible sans que des besoins vitaux, fondamentaux, tels que la nécessité de s’habiller, d’avoir une aide minimale pour survivre et payer une pension à un fournisseur d’aide à la survie. » Postface de Pierre Avvanzino

Pierrette Frochaux est archiviste à Chavannes-près-Renens et elle a été libraire.

Sur le blog Les histoires d'Hassan de La Tribune de Genève

Extrait d'un courrier envoyé à Pierrette Frochaux par M. Christophe Gros, Assistant-conservateur, Musée d’ethnographie (Département Europe) – Genève

Votre livre est unique, émouvant, sobre et réaliste, thérapeutique aussi. Il pointe les égarements, voire les cruautés du tout administratif et des autorités civiles et religieuses, sans contrôle d'un contre-pouvoir par des associations de soutien. Il met en avant l'âpreté au gain des adultes,  et la bonne volonté contrariée des enfants et des jeunes. Surtout les correspondances écrites entre acteurs du drame sont impressionnantes de qualité humaine et de dureté des temps. Elles restituent les silences et l'opacité des institutions qui enferment et font la morale. On y scrute les années trente, les régimes de la coercition. Je l'ai lu lentement avec respect. Partagé entre compassion et révolte, comme les pensionnaires eux-mêmes. On devrait l'imposer en lecture aux collégiens, mais aussi aux gens des sciences humaines, des universités romandes, comme modèle de philosophie sociale. Je vous suis reconnaissant pour avoir réhabilité les sans-voix qui ont la dignité de leur souffrance. Pour avoir honoré votre famille. Pour avoir, patiemment,  fait la narration délicate de ces vies. Afin que le doute nous travaille et fasse en sorte d'améliorer les conditions. Je ne peux rien vous exprimer de plus. (…).


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