
Jacques Roman nous livre sa pensée sur l’écriture.
D’où vient qu’un jour je me suis mis à écrire ? Sans doute, ce jour-là, de me sentir brouillé : brouillé par quoi ? brouillé d’avec quoi ?
Aujourd’hui le terme brouillon que l’on utilisait à l’école pour signifier le premier jet d’un texte n’est plus guère en usage. Serait-ce que les scripteurs aient craint d’y entendre un adjectif les désignant ? Moi, je m’y accroche à ce brouillon, car c’est brouillon ou si vous voulez dans le brouillard qu’il m’arrive de découvrir un chemin qui n’était pas inscrit sur la carte. Et je soupçonne de plus en plus que le texte achevé doit plus au brouillon qu’à la pensée première qui le vit naître.
Né en France en 1948, il arrive en Suisse en 1969, par un coup du destin. Le même destin le voit se consacrer à la culture : théâtre, lectures, radio, cinéma, enseignement, écriture (auteur d’une œuvre poétique importante), et ce durant plus de cinquante ans, un demi-siècle. Il ne doute pas que ce soit cette longévité biographique qui l’ai fait se pencher en penseur sur l’agoniagraphie et la thanatographie, sur le passage du temps et l’éternel retour, sur l’impossible inscription de la vie sur catalogue.
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