Édouard Höllmüller | L'envol - Fragments de langue paternelle

Édouard Höllmüller
L'envol 
Fragments de langue paternelle

Poche

Parution mai 2017 | 11.5 x 16.5 | broché, collé |160 p.
ISBN 978-2-8290-0548-0
CHF 15.- | € 12.-

 

 

 

 

« Son père lui était réapparu sur le tard, au terme d’une quête longtemps souterraine. Ainsi coule un deuil qui ne peut sourdre. Ses prouesses de bon élève et ses rêveries solitaires, ses eczémas d’apôtre et de militant, puis ses failles et saillies de père de famille ou de professeur qui “pensait à haute voix ”, tous ces devoirs d’excellence n’étaient peut-être que les avatars d’un long et patient décryptage des débris de sa langue paternelle. Le puzzle se reconstituait davantage à chaque bribe de souvenir, à chaque parole ressortie des alluvions. C’est comme les rhizomes, les mots, ça questionne par en dessous, ça s’organise à l’abri des vents et des ragots, ça se souvient des continents disparus ; ça pousse des investigations de détective et soudain, quand le réseau est en place et que bande le printemps, ça crève l’asphalte. Il avait ainsi rassemblé et rajusté les tessons de sa petite enfance jusqu’à ce que, à force de rappels, de désir et de résilience, son père fût venu habiter le jardin secret de sa retraite. »
L’envol est un récit qui plonge dans l’enfance de l’auteur. Il s’agit d’une enquête, d’une quête marquée au sceau de la langue – du père – qui émerge par bribes, par fragments, au fil du texte. Aucune chronologie réconfortante où s’accrocher, sinon un abécédaire rythmant le propos dont surgit une parole, une voix singulière qui prend son essor, son envol, au-delà des drames familiaux aux accents de tragédie.

Édouard Höllmüller, enseignant retraité, né en 1938, a vécu à Winterthur, à Rorschach, à La Chaux-de-Fonds, à Kinshasa (Congo) et à Bâle-Campagne avant de s’établir dans le Jura en 1979. Guide touristique, passeur culturel, on lui doit entre autres la traduction de Nebenaussen de Christian Schmid, Aux bornes, un récit dans Le chameau dans la neige, recueil collectif sur la migration, et la traduction de Blaue Mauer de Katharina Zimmermann, La crête bleue, chronique jurassienne et un essai, Dérives, essai de sur-vie (Éditions d’en bas, 2005, 2007, 2009 et 2015).


 

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