Pierre Lepori | Comme un chien

Pierre Lepori
Comme un chien
Traduit de l'italien par Pierre Lepori

2015 | 14 x 21 | broché | 112 p.
ISBN 978-2-8290-0499-5
CHF 23.- | € 14.-

 

 

 

Comme un chien est la traduction de l’italien d’un roman, Come dei cani, par son auteur. Il paraît simultanément en italien et en français. Thomas De Martino – un photographe de renom – doit se rendre au chevet de sa soeur malade, dans les Préalpes suisses. À mesure qu’un hiver boueux l’engloutit, les fantômes du passé prennent le dessus : ceux d’un père génial et glacial, d’un vie sentimentale biscornue et d’un ami trop tôt disparu, écrasé par la fureur du monde. Seule l’amitié d’un jeune homme surdoué semble lui redonner le goût de vivre. Servi par une langue sombre et visionnaire, Comme un chien entraîne le lecteur dans un voyage d’hiver à l’humanité déchirante.

Il ne voulait, ne pouvait pas penser à ce mois de juillet 95. Le visage d’Alex flottait devant lui comme un orage. Comment ces yeux qu’il aimait tant pouvaient-ils lui adresser de tels reproches, le dévisager avec tant d’amertume ? Comment son souvenir avait-il pu moisir à ce point ? Ses traits déformés prenaient l’apparence d’un masque. Tous ces morts, cette hécatombe, tout ce sang. Son impuissance.  

Né à Lugano en 1968, Pierre Lepori est journaliste pour la radio suisse; il a publié des essais, de la poésie (Prix Schiller 2004) et quatre romans, en italien et en français, l’auto-traduction étant une pratique constitutive de sa démarche créative; certains de ses livres sont traduits en allemand et en anglais. Il assure des mentorats d’écriture à la Haute École des Arts de Berne (HKB) et a fondé Hétérographe: revue des homolittératures ou pas (2009-13). Après un détour par la mise en scène (Sans peau, Théâtre 2.21, 2016; Les Zoocrates à l’Opéra de Lausanne, 2017, avec François Renou), il revient à l’écriture et publie, en 2018: Nuit américaine (roman); Quasi amore (poèmes, Sottoscala, à paraître également en anglais) et Klaus Nomi Projekt (livre-cd, HumuS, avec Cédric Leproust, Marc Berman et Albertine). Disponibles aux éditions d’en bas : Quel que soit le nom, traduction de Mathilde Vischer (poèmes, 2010) et les romans Sexualité (2011), Sans peau (2013), Comme un chien (2015), Nuit américaine (2018). Son site: www.pierrelepori.com. www.pierrelepori.com 

 

SRF Kultur, 18/05/2015
Pierre Lepori über seinen ersten Satz

Le Courrier 14/06/2015 :

Le poids des fantômes
DIMANCHE 14 JUIN 2015
Marc-Olivier Parlatano 
ROMAN • «COMME UN CHIEN» DE PIERRE LEPORI

Un roman qui paraît simultanément en deux langues, en l’occurrence en italien et en français, l’événement n’est pas courant. C’est le cas de Comme un chien – Come dei cani en italien –, le dernier ouvrage de Pierre Lepori, publié en français par les Editions d’En Bas. Poète (Quel que soit le nom), journaliste à la RTS et romancier, originaire de Suisse italienne, Pierre Lepori est un habitué de la chose puisque son Sexualité (2011) était paru lui aussi en plusieurs langues. Il s’est chargé lui-même de la traduction de Comme un chien, roman grave au style sombre et hanté.
Thomas De Martino, photographe renommé, est le protagoniste de cette fiction qui prend l’allure d’un voyage dans les brumes du passé. Habitué à aller et venir, toujours entre deux avions, Thomas se rend au chevet de sa sœur gravement malade, quelque part dans les Préalpes suisses. Au fil des jours, tandis que ce séjour se teinte de tristesse, comme un rapprochement qui risque bien d’être le dernier tant la sœur de Thomas se porte mal (la médecine lui donne 50% de chances de survivre à une lourde opération), se réveillent les fantômes du passé. L’ombre d’une vie amoureuse tourmentée et le douloureux souvenir d’un ami prématurément disparu (il a mis fin à ses jours) s’invitent dans ce paysage tant physique que psychique. Néanmoins, l’amitié inattendue entre Thomas et un drôle de jeune homme qui aime à se faire appeler Mork – d’après le personnage de Mork & Mindy, sitcom étasunienne de science-fiction avec Robin Williams  – exerce sur Thomas un effet stimulant. Mais l’heure n’est pas au printemps, un fait divers tragique vient de surcroît plomber l’atmosphère et disloquer le fragile contexte de ce voyage aux confins de la mort.

Marianne Grosjean, Tribune de Genève | Samedi-dimanche 29-30 août 2015, sur le site de Marianne Grosjean, ici.


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